terça-feira, 15 de janeiro de 2019

LISBON


photo: Guilherme Rodrigues, Udo schindler & Ernesto Rodrigues (München 2018)

Lisbon’s Hot Clube de Portugal, now more than 70 years old, is one of the world’s mythic jazz rooms. It’s an important stopping point for celebrated touring musicians, a vital space for Portuguese jazz artists and an anchoring center for jazz appreciation and education.
A school, Escola de Jazz Luís Villas-Boas, long has been part of the Hot Clube operation. “The Portuguese jazz scene is in fact surprisingly exciting,” said Inês Cunha, the club’s president since 2009. “There are now a few jazz schools, and a new generation of extraordinary musicians. But Portugal is a country in the ‘tail’ of Europe. It is harder for Portuguese musicians to play abroad. That is maybe why there are not that many Portuguese musicians known either in Europe or in the States.”
But the city’s a well-established hot spot for experimental jazz and free-improv, especially in August, thanks to Jazz em Agosto, a 35-yearold festival that has been run by Rui Neves— also a jazz broadcaster, critic and producer—for much of its history.
Regarding Lisbon’s jazz resources, Neves pointed to the improvisation-oriented Creative Sources label, run by violist Ernesto Rodriguez.
In Portugal, Neves said, “Jazz is learned at the university, and private schools are everywhere— but this is not making more creative musicians, only formatted musicians playing by the rules. However, there is in Lisbon a bunch of improvisers we can discover at the Creative Sources label who are getting some recognition.”
Additionally, the label Clean Feed, founded in Lisbon in 2001, is a prodigious supplier of recordings of improvisational and other
non-mainstream jazz albums. Josef Woodard (Down Beat)

domingo, 13 de janeiro de 2019

Ernesto Rodrigues Quinteto



Aglutinador de gentes talentosas em inúmeras e variadas formações num valoroso trajecto de anos e anos, o mentor da imparável Creative Sources apresenta nas Damas um novo quinteto assente nas cordas e na percussão. Ao chamamento do violino e da viola d'arco de Ernesto Rodrigues respondem o violoncelo de Miguel Mira, o contrabaixo de Hernâni Faustino, a guitarra de Luis Lopes e a percussão de Gabriel Ferrandini. Proposta pouco usual vinda de um músico com aptidão larga para o desafio representada por músicos bem reconhecidos nesta casa e nas lides das músicas mais indefiníveis - da improvisação livre à contemporânea, do jazz ao lower case.

quinta-feira, 6 de dezembro de 2018

Azkuna Zentroa. Bilbao.



photo: Ernesto Rodrigues, Nicolaus Neuser, Guilherme Rodrigues & Kriton Beyer


Ernesto Rodrigues, Carlos Santos y Abdul Moimeme son tres de las figuras más interesantes de la escena de la música experimental en Portugal, un país con mucha tradición de música de vanguardia. El trio combina música acústica (Ernesto Rodrigues), electrónica (Carlos Santos) y electroacústica (Abdul Moimeme), este último acompañado de una guitarra con presencia visual. Azkuna Zentroa. Bilbao.

quarta-feira, 21 de novembro de 2018

« Zon » bizarre de zombie blanc


Photo (by Nuno Martins): Variable Geometry Orchestra



A la recherche du tempo perdu. Quelques lignes pour définir une sensation simple : le battement du groove de la vie qui avance. « Zon » bizarre de zombie blanc. La « musique créative » du dynamique label « Creative Source » de Lisbonne est-elle à tempo comme la plupart des musiques anciennes, nouvelles, populaires ou savantes ? La « musique créative » est à tempo comme son
géniteur le « free jazz ». La « musique créative » est sans aucun tempo comme sa génitrice, la musique indéterminée de John Cage, Fluxus et bien avant le futuriste Luigi Russolo. La « musique créative » change en permanence de mesures puis n’a plus aucune mesure et plonge dans un agrégat sonore de couches de bruits urbains ou ruraux. Longs passages de drone semblable au
continuum de roues des voitures contre le bitume, au martèlement des trains contre les rails, aux rumeurs pesantes d’avion à réaction, limite de l’infra basse, des choeurs de climatiseurs, toutes sortes de machines domestiques. Longue agrégation de chants d’oiseaux proches d’un jeu déstructuré de saxophone ou de giclées d’harmoniques de cordes violées dans leur intégrité mélodique.

La « musique créative » est cousine de la musique classique en ce sens qu’elle est fortement « rubato » : accélération et décélération structurelle. Les improvisateurs doivent écouter pour interagir ensemble. Ils cherchent une écoute profonde pour réagir dans le sens des autres intervenants. Ils approuvent. Ils imitent en variations diverses. Ils cherchent à s’approcher des rythmes et tonalités surgis dans l’instant. Certains font un truc parallèle sans chercher à compléter le discours des autres. Mais est-ce que la musique est un discours ? Si par hasard, elle l’est, voir, savoir, tendre vers l’autre, entendre et répondre leur importe peu. Situation de gens qui parlent tous en même temps sans aucune envie de se répondre. Chacun son truc. Tout le monde tape dans le ballon, considéré métaphoriquement comme une grosse note rebondissante. Cacophonie de l’équipe. Folie finie. Oiseaux tournoyants sur les places du sud au soleil couchant piaillant par milliers. Chaos sonore des tramways « Electricos » brimbalant sur leurs deux rails, comme une portée au hasard Baltazard. Un rail par note. Une quinte « Fado » plus du bruit blanc et une quarte augmentée Fa dièse Do. Nostalgie d’un monde sonore qui n’était bien qu’en rêve.


Aux sources de la « musique créative » les anciens disques de la fin des années 70 du label FMP de Berlin. La fureur, la colère, la rage chaotique du « Kaput Play » donnait une sorte de groove insurrectionnel de révolte absolue. Renverser la réalité des vibrations sonores. Investir le temps relativiste. Être à la fois au début et à la fin du segment musical. Foncer à toute allure à travers
l’agrégat sonore. Aux sources de la « musique créative » Derek Bailey du label Incus de Londres, avait imaginé un langage atonal à base de quartes augmentées, septièmes majeur et secondes, intervalles dissonants pour supprimer les relations harmoniques entre les sons. Le saxophone hurlant est souvent une variante de la sirène de Varèse : « Ionisation pour 13 percussionnistes » est clairement à tempo. Les figures sont complexes, mais on entend bien une pulsation à travers des figures rythmiques sophistiquées. La sirène omniprésente, annonciatrice de catastrophes plane au-dessus du rythme. La partition est écrite avec des mesures à trois, quatre ou cinq temps sur un tempo constant. Cette musique d’avant-garde est rythmique au même titre que les peintures cubistes de Picasso font penser aux masques africains.

Bon, finissons-en ! Vite la coda. Pas d’ennui, mais le temps ne passe pas trop vite. Le temps a tendance à ralentir à l’écoute de la « musique créative ». Défilé ininterrompu de doubles croches plus des accents indéterminés en forme de boum ou de tchak comme s’il en pleuvait. Tempête de bruit blanc, rose, vert, gris. Aucune organisation précise. Est-ce que l’improvisation est comparable
à la peinture abstraite ? Des grosses taches de projection de son. Des formes larges et variables. Catapulte de boucan. Géométrie de notes. Ensemble de sonorités individuelles. Mathématiques modernes. Roulement de cymbale. Perceuse à l’attaque du métal. Certaines sortes de « musique créative » sont voisines de la musique dite « industrielle », mais à plus bas niveau en décibel.
D’autres précurseurs sont les musiques « lettristes » d’Isidore Isou et le « Cri-rythme » de François Dufrêne, relevant de la poésie sonore. La « musique créative » est un bruit-rythme, un anti-rythme, un para-rythme, un bégaiement-rythme, un barouf-rythme, un moteur-rythme, un scratch-rythme, un silence-rythme. D’autres sources d’inventions toujours exploitées dans la «musique créative» sont le théâtre musical de Mauricio Kagel, les compositions électroniques de Karlheinz Stockhausen et toutes sortes d’expérimentations de la musique contemporaine.

Ernesto Rodrigues est le fondateur du label Creative Source, il joue du violon alto et pratique la conduction de grands orchestres d’improvisateurs. La musique minimaliste de ses divers groupes au Festival « Creative Source Fest XII » de Lisbonne s’exprime à niveau d’intensité sonore hyper bas. J’ai joué dans deux de ces groupes : « IKB » (en référence au bleu Klein), « Isotope » (en
référence aux atomes et protons). Une immense structure sonore perceptible seulement au microscope/phone. Le niveau sonore est par moment plus bas que celui de mon acouphène. Le bruit parasite généré par mon cerveau s’écoule dans l’imperceptible triple pianissimo de l’orchestre. Mon psychisme dégringole dans l’infinitésimale inaudible musique. En plus de mes instruments
habituels, j’avais utilisé le larsen de ma prothèse auditive (on le génère en le retirant de l’oreille et en mettant sa main en conque pour faire une sorte de wah wah très aigu et de faible intensité).
Cette musique est une sorte de camaïeu de bleu. Un monochrome de continuum invisible. La « musique créative » des nuages, de la pluie, du soleil et de l’air du temps est jouée par des musiciens au ralenti de la relativité.

Paradoxe et obsession de la musique du silence. J’entends que je suis sourd. J’entends donc je suis. Je suis sourd donc je ne suis pas. Entendre le silence. Se taire pour s’accorder au silence.
Être capable de ne pas toucher son instrument. Dissoudre son ego dans le quasi-silence des instrumentistes occupés à jouer quadruple pianissimo. Prendre conscience du bruit des avions survolant la ville dans la nuit où toutes les voitures sont grises. Percevoir le son paradoxal des harmoniques qui montent et descendent simultanément. « Je mens. Si c’est vrai, c’est faux. Si c’est
faux, c’est vrai. » Paradoxe du menteur datant de l’antiquité, souvent cité par le précurseur de l’ordinateur, Alan Turing. J’entends une note tempérée. Si c’est juste, c’est faux. Si c’est faux, c’est juste. Une note tempérée est fausse par rapport à la justesse naturelle, tout le monde le sait. Je suis sourd. Si c’est vrai, c’est faux. Si c’est faux, c’est vrai.

Pourquoi visualiser la musique par une écriture, une partition graphique, ou des symboles quelconques? Les virtuoses tziganes de la « Mittel Europa », les joueurs de kora de l’ancien royaume du Mali ou les musiciens d’Inde du Nord jouaient d’oreille et de mémoire une musique complexe. Même s’il existe en Inde du Nord un système d’écriture qui sert uniquement de guide à la mémorisation. On ne lit pas en jouant. On lit pour apprendre par coeur (comme l’on-dit bizarre) et ensuite la musique semble venir d’un territoire céleste, mais elle surgit de la tradition.
L’improvisation, cela va sans dire, n’a aucun besoin d’être écrite, mais à l’heure du monde virtuel une épiphanie visuelle de vidéographie augmente l’impact sonore. La plupart des musiciens populaires post techno utilisent des clips visuels ou des animations de veejing. L’improvisation peut, elle aussi, être décorée avec de l’image. La tension entre audio et visuel créée un nouveau
sens. L’image est partout. Je suis obligé de plonger dans l’iconographie pour atteindre l’abstraction de la musique. La musique se déroule dans un temps constant. Le visuel et l’écriture peut se lire du futur au passé ou du présent au futur.

« Novo Video Scratch Orchestra » est une continuation du « Treatise » de Cornelius Cardew et de son groupe « Scratch Orchestra ». Ma version « novo » serait plus proche de « treatise » traduite comme « traitrise » que son sens premier de « traité ». Les règles restent identiques à la version originale : aucune règle. C’est de l’improvisation totale avec quelques indications minimums. L’idée de base est de remplacer une jolie partition graphique de style musique contemporaine par du veejing, de la vidéo graphique pleine de couleurs et de joie. (Ce n’est pas tant une trahison parce que Cardew cherchait à faire une musique d’avant-garde s’adressant au peuple et non à une élite).
Il est temps de mélanger tous les arts pour créer du nouveau. Les deux portées muettes en pied d’écran renvoient à l’idée de départ de « treatise ». La demi-heure de vidéo fabriquée en amont sera diffusée dans la salle, dans le dos des musiciens qui ne sont même pas obligés de la regarder. Des miroirs posés sur les pupitres comme des rétroviseurs permettent aux musiciens de visualiser la vidéo projetée derrière eux. Manipulation technique minimum.

Finalement je jour du concert à O'Culto da Ajuda, une belle salle destinée à la musique contemporaine de Lisbonne, j’étais le premier arrivé et le dernier servi. Un maigre sound check de cinq minutes. Pas de répétition. Il y avait cinq groupes au programme comme chaque soir de cette semaine du « Creative Source Fest XII ». Trois batteries sur scène et des instruments partout pour les groupes jouant avant et après nous. Plateau compliqué. Après avoir surmonté quelques solides difficultés les jours passés, le concert fut assez grandiose. Le projet a bien fonctionné. L’idée de contrôler la vidéo par des miroirs posés sur les pupitres sur scène était vraiment « fun ». Dans la pénombre, l’image vidéo reflétée par ces psyché à deux balles donnait l’impression de regarder
dans le fond d’un puits miraculeux de conte de fées. L’image était ternie bizarrement par son reflet.
L’image devenait magique comme si elle surgissait d’avant le siècle de la révolution technologique.
Une création diabolique d’images animées venues du mystère. La vidéo créative diffusée sur un écran géant prenait en otage les yeux des auditeurs comme n’importe quel programme de télévision. Étienne Brunet

segunda-feira, 12 de novembro de 2018

Ljubljana on Creative Sources – Confine Aperto’s May event made onto a recording


photo: Ernesto Rodrigues; Guilherme Rodrigues & Dietrich Petzold


Lisbon-based prolific record label Creative Sources has just released a new album with violin, viola and clavichord player Dietrich Petzold, viola player Ernesto Rodrigues and cellist Guilherme Rodrigues. The album, simply entitled “Ljubljana”, was recorded on 17 May 2018 at Zavod Sploh’s Confine Aperto event, held at ŠKUC Gallery in Ljubljana.
The German-Portuguese trio released their debut album “Sacred Noise” last year, and since then they have presented two further works: “Crane Cries” with Estonian violin player guest Elo Masing, and “Dis/Con/Sent” with German double bassist Matthias Bauer. “Ljubljana” marks the fourth collaboration between Petzold and the Rodrigueses, and it is another chapter in the development of their intervowen collective language of sound of strings.
The album’s packaging design features typical motifs of Ljubljana’s urban landscape: silhouette of dragon sculptures, characteristic buildings, and the Ljubljana Castle itself. (Centralala)

quarta-feira, 7 de novembro de 2018

Poche note sull'improvvisazione italiana: fonti creative e italiani alla Creative Sources



photo: Ernesto Rodrigues & Marie Takahashi


L'etichetta discografica dell'improvvisatore portoghese Ernesto Rodriguez da tempo lascia spazio all'ampia offerta di estrosità ed inventiva che proviene da tutto il mondo. E per quanto riguarda le registrazioni italiane c'è sempre qualità da scoprire. Ettore Garzia (Percorsi Musicali)

quinta-feira, 1 de novembro de 2018

Creative Sources Fest: Novembro com 30 concertos em cinco dias



Está anunciada uma nova edição do Creative Sources Fest, o festival organizado pela editora portuguesa Creative Sources que, nos últimos anos – e neste mais uma vez –, se tem realizado no O’culto da Ajuda, em Lisboa. São cinco os dias de música ao vivo, de 5 a 10 de Novembro, com um total de 30 concertos. Algumas importantes participações estrangeiras se registam, como a da Shelley Hirsh Band (foto acima) e as parcerias com músicos nacionais por parte de Mia Dyberg, Ramón López, Wade Matthews, Étienne Brunet, Johan Moir e Fred Marty, entre outros. Alguns nomes de topo da improvisação experimental e do jazz criativo que por cá se praticam estão incluídos, como Rodrigo Amado com a sua Motion Orchestra (o trio base mais participações extra), o Sei Miguel Trio, Ernesto Rodrigues em diferentes contextos ou Miguel Azguime a solo. Cada um dos dias do CS Fest termina com uma grande formação da nebulosa Creative Sources, designadamente (e por ordem de aparição) String Theory, Isotope Ensemble, IKB, Suspensão, Octopus e Variable Geometry Orchestra.
O arranque é feito pelo Free Pantone Trio no dia 5, projecto de que acaba de ser publicado disco. Seguem-se o duo de contrabaixos de João Madeira e Hernâni Faustino, Ernesto Rodrigues em quarteto com Guilherme Rodrigues, Fred Marty e Carlos Santos e o duo de teclados e percussão Welcome to Silkeborg. A 6 apresentam-se a primeira de duas versões dos Spiegel, um solo do contrabaixista Fred Marty, o Lisbon String Trio de Ernesto Rodrigues, Miguel Mira e Alvaro Rosso com o tubista Gil Gonçalves como convidado e Wilfrido Terrazas com Hernâni Faustino e o já referido Ramón López. No dia 7 de Novembro sucedem-se Miguel Azguime, André Hencleeday, uma dupla formada por Gianna de Toni e Biagio Verdolini e o trompetista Sei Miguel com Fala Mariam e Bruno Silva.
A maratona de 8 inicia-se com o Spiegel II e continua com Maria Radich e Maria do Mar em trio com o clarinetista Noel Taylor, o duo electroacústico de Carlos Santos e Carla Santana e um colectivo fundado pelo violoncelista Guilherme Rodrigues com Quentin Stokart, Johan Moir e Tom Malmendier. A 9, as honras de abertura cabem a Nuno Torres, Hernâni Faustino e Nuno Morão, com a Novo Scratch Video Orchestra de Étienne Brunet, a tripla Wade Matthews / Abdul Moimême / Carlos Santos e a Motion Orchestra a prosseguirem os trabalhos. O fecho faz-se a 10 com os Garden de Luís Lopes, José Bruno Parrinha e Ricardo Jacinto, o quinteto de Ernesto Rodrigues, Mia Dyberg, Guilherme Rodrigues, Johan Moir e José Oliveira (este previsivelmente a recitar poesia, dado estar retirado como músico), o trio de Rodrigo Pinheiro, Pedro Sousa e Gabriel Ferrandini e o grupo da cantora Shelley Hirsh. Jazz.pt

terça-feira, 23 de outubro de 2018

Festival PiedNu 13eme édition (2018)


photo: Elo Masing, Tomo Jacobson, Mia Dyberg, Guilherme Rodrigues & Ernesto Rodrigues



Inscrit dans la mouvance improvisée depuis plus de trente ans, le violoniste et altiste Ernesto Rodrigues est également à l'origine du label Creative Sources, une structure lisboète accueillant en son catalogue les matières sonores les plus inédites. Loin du bruit et de la fureur, aux confins parfois d'un "réductionnisme tolérant", il pratique, notamment avec son fils Guilherme au violoncelle et Carlos Santos à l'ordinateur et au synthétiseur, une forme de composition instantanée, ou tissage immédiat des lignes émergeant au cœur de l'acte musical.

segunda-feira, 24 de setembro de 2018

Suoni per il Popolo Festival: 18th Edition


photo: Ernesto Rodrigues, Nicklaus Neuser, Guilherme Rodrigues & Kriton Beyer (Berlin)


Montreal, Quebec. June 1 to 19, 2018. […] Shortly after closing time, l’Oblique Records became the venue for two sets of free improvisation: Portugal’s Luis Lopes led listeners down feedback alley, where his dexterous combination of scraped and banged metal on strings created a merciless flow of multilayered wails and percussive crashes. This was followed by a quieter set from Portuguese violist and Creative Sources label head Ernesto Rodrigues, who formed a trio with Montrealers Vergil Sharkya (analog synths) and percussionist Paulo J. Ferreira Lopes, playing only cymbals. Rodrigues used a soft bow, the hairs of which straddled the bridge to elicit sounds both above and below, drawing a rainbow of soft murmurs. Sharkya’s quick timbral changes showed close listening, while Lopes added various colours, using mallets, sticks and even a cloth rag to coax sounds from the cymbals. The next evening Rodrigues and the two Lopes proved their versatility in a high-energy free-jazz quartet with pianist Karoline Leblanc. Lawrence Joseph writes about music in Montreal (MusicWorks)

quinta-feira, 30 de agosto de 2018

Todd McComb's Jazz Thoughts



Photo: Ernesto Rodrigues, Karoline Leblanc, Luis Lopes & Paulo J Ferreira Lopes (Montreal, Canada)

Between Ernesto Rodrigues having recently created (or at least I recently noticed) a Bandcamp page for his many albums, and my own schedule being tied up waiting on materials (in this case, not so much music as some final texts in preparation for another long discussion that I'll be writing separately), this seems like a good time to make some other observations on Rodrigues's output in general, as well as to discuss some material I've neglected. Of course, with Rodrigues's massive output — & there are currently 172 albums on his Bandcamp page (and one might find more at any moment), the vast majority from Creative Sources, but only the albums on which he personally appears — some neglect seems almost inevitable, and indeed Rodrigues releases albums at such a pace that I never find myself saying that I last mentioned him around this or that, or originally there, etc.... So that's one difference from other musicians in this space, and I've also neglected his larger ensemble albums almost entirely: That's (still) not my focus, but I've mentioned such projects from some other prominent musicians at times, so allow me to interject a few remarks into that arena now as well. I first mentioned Rodrigues in this space in April 2012, with some reasonably descriptive comments regarding Le Beau Déviant & Brume — albums already evoking the sort of technologically mediated, yet naturally inspired, landscapes that run through so many Creative Sources releases. I didn't use the term "lowercase" then, but found myself using it soon after, as I picked up vocabulary from other music writers, particularly around jazz retail. Since then, I've come to question the label, and especially how broadly it's being applied: Per Wikipedia & elsewhere, the term apparently derives from US sound installation practice around the turn of the millennium, which makes it a relatively late entry into the "genre" domain. I don't know the specific history of how it was taken up as a retail category, particularly for music from Europe, but it's certainly not the only genre term that has come to expand into related outputs & impulses. In particular, "lowercase" is specifically suggestive of bringing something unnoticed, particularly an object, to attention. In other words, it's about illuminating one's sound source in some way, the illumination being the reason for selecting the source. In this it differs markedly from the older, related concept of Musique concrète, particularly in its original meaning from Pierre Schaeffer: There, it's abstract "musical" concerns that dominate, with the sound source being unimportant, or even effaced in the production process. (Sounds might be heavily edited, for instance, such that their origin becomes obscure.) In this sense, it would be difficult to suggest — at least in my opinion — that Rodrigues is attempting to illuminate unnoticed objects, at least not physically: Rather, although he often employs electronics (& a recording or even amplification already involves "electronics"), he's generally using traditional instruments in extended ways, the sonic relations produced being prioritized ahead of their "objectness." (And one could suggest that much music literally involves illuminating "objects" in the most general sense, usually musical objects, but then, why generalize the lowercase term to an ordinary musical outcome?) Musique concrète also suggests the creation — using electronics, originally tape decks, in a studio — of a finished musical product, rather than a score to be performed: At least in its early guise, it involved substantial editing, whereas Rodrigues uses minimal editing (or so I think, although selecting material does become editing), but does produce a finished musical result (a performance & then recording), rather than a score. Moreover, subsequent to (& really contemporaneous with) Schaeffer, ideas of Musique concrète were already extended in a variety of directions, including by composers such as R. Murray Schafer (who coined "soundscape" & further interrogated the separation of sound from its sources) & Luc Ferrari (who presented everyday environmental sounds, albeit heavily edited, as composition), et al. In the latter example, one does begin to perceive "canonical" lowercase emerging around both everyday-ness & intent, but that was 1970...! Further regarding the history of lowercase as a (retail) category or genre, it apparently emerged from ambient music — rather than referencing these European developments already well underway in the 1950s — and indeed I already had occasion to discuss the "ambient" concept earlier this year, around Rodrigues's quartet album Sîn: In that case, the basic ambient concept, that music should be suitable for greater or lesser attention, is coherent to me, even as "lowercase" starts to intersect so many ideas as to become meaningless... actually, I first used the latter term around Nor (recorded in 2014, discussed here in April 2015), the first release from the quartet that would later make Sîn, and my first "favorite" from Rodrigues. (The oldest current favorite is New Dynamics from 2016, an album that doesn't really suggest or confront these categories.) Now I have to question the coherence of the "lowercase" category further, especially when I see it applied to a recent album like Coluro, involving a great deal of abstraction around timbral parameters: One might say that aspects of musical instrument-objects are being illuminated, but I think that's a stretch. Rather, it's sounds combined for expression & effect (or affect). And moreover, music involving heavy doses of quiet or silence, as sometimes cited for lowercase, likewise dates back at least to the 1950s, to Cage et al.... Indeed, Cage is a cited influence for Rodrigues, as is, to a lesser degree (of acknowledgement, anyway), Xenakis: Xenakis emerged from a post-Varèse world to create musique concrète around Schaeffer at GRM, beginning with electronics & tapes, and — like Rodrigues — moves more into traditional acoustic instruments (in his case, via written music). If one intends "lowercase" to simply refer to music that uses amplification in order to focus on ordinarily quiet timbres, then I suppose that's coherent, although I'm not sure it reflects actual usage... (& doesn't that already describe e.g. hard body electric guitar?). In any case, I intend to be much more circumspect regarding my usage of the term in future, although I should add that, although it's received more & longer musical (& conceptual) interrogation, and appears to be a more direct historical inspiration for the efforts mentioned in this entry, "musique concrète" is not entirely suited either: Perhaps call it improvisational post-concrète, instead. (Rodrigues himself had adopted the label post-serial.)

That said, after the previous entry oriented on new releases from Rodrigues (& his son, Guilherme) in Berlin, let me return to Lisbon to highlight a couple of octet recordings from 2017: Urze (recorded January 2017) & Vulgaris (recorded June 2017) managed to slip through the cracks of Rodrigues's output for me, being neither small nor large ensembles. (And whereas neither recording date seems especially far in the past relative to other items discussed here, for Rodrigues, there have already been more than thirty subsequent albums released....) Both are interesting items within Rodrigues's broader output, a fact that obligation-free Bandcamp audition helped make apparent, such that Urze, by a mixed octet called Diceros, seems to bring some of the same concerns that Rodrigues articulates (in part) via his IKB ensemble down to a "half"-sized group (& more on IKB & other larger groups in a moment): In this case, Rodrigues himself is on harp & other plucked strings, not for the first time, in a remarkably coherent album that often involves a squeaky atmosphere with a variety of overtones, burbling, sheering waves... almost an underwater scene, and also relatively smooth (perhaps in an ambient sense): Sometimes vigorous internal rhythms are simply washed over by waves of shimmering overtones. (Its general sense of interaction & restraint might even be reprised in Rodrigues's most recent album on Bandcamp at the moment, Backlighting by a quartet of viola & three horns, all alto or higher. It almost seems like the top half of Urze, although the latter uses only two horns amid its watery computer, piano, guitar, etc. These are also all single track albums....) The ambivalent environment of the album seems to be reflected in its names & iconography as well, with a shadow rhinoceros ("Diceros", similar to IKB's Rhinocerus from 2014) set against (I guess, the term might also mean e.g. heather) a field of rosemary... but I sure don't hear a field or savanna. An "underwater" sense is that much more tangible on Vulgaris, by another octet called Octopus: There, Rodrigues is back on viola, and while the octets are very similar, the only other musicians actually in common are Paolo Curado (flute, also on Backlighting), Andre Hencleeday (piano, psaltery) & Carlos Godinho (percussion). (All are frequent Rodrigues collaborators, although I was not specifically aware of Godinho previously.) Vulgaris has a particularly strong ambient vibe, and generally has a calming effect, more so than e.g. Nashaz, with which it otherwise shares some characteristics — and of course the "doubled" ensemble of the former again facilitates a smoother sound overall. Particularly given the lack of environmental confusion (and I don't intend to portray such reterritorialization as a negative, regarding Urze, but rather as an intriguing crossing), Vulgaris might make for an excellent entry into Rodrigues's oeuvre for the uninitiated, but as noted around Jardin Carré, much has also developed in the past few years. (Regarding the underwater theme, one should likewise note Underwater Music — one of at least a dozen trio albums from Ernesto & Guilherme Rodrigues, all with a different third member — as discussed last October, i.e. while the albums of the previous entry were being recorded: That album was recorded all the way back in Spring 2016, and as noted in my prior discussion, doesn't appear to evoke water sonically at all! Nonetheless, it seems like another pivotal album....)

Regarding larger ensembles, I already made a departure by discussing Tellurium in May, and there I noted that recordings by IKB, Variable Geometry Orchestra (VGO) & Suspensão were also recorded at CreativeFest #11 last November. A few further remarks: Tellurium was the fourth "String Theory" album, and my decision (to discuss it) derived in part from the fact that the previous two albums in the series were for seven & four musicians respectively, although the first (Gravity, released in 2016) was for seventeen. (And one does see primes run through these ensemble numbers, although Tellurium & the last three IKB albums are for sixteen musicians....) Since then, it appears that Sul by "Strings & Andrew Drury" (involving eleven musicians on various string instruments, plus the drummer) might be something of a continuation: Drury had appeared on quartet album Eterno Retorno from early in the Creative Sources catalog, but not with Rodrigues since, and the "constellations" of the cover moreover suggest variants on (& crossings of) space themes (as I had discussed last month around Coluro) & geometry: It's another eerie, single track album for relatively large forces. Another "variant geometry" concept seems to be involved in the more recent Isotope Ensemble (because, after all, isotopes involve a kind of atomic geometry, albeit much smaller than solar systems), with its first album Yttrium (for thirteen musicians) having been recorded in May 2017, i.e. between Urze & Vulgaris. And in 2018, there are two more Isotope Ensemble albums, both involving seventeen musicians: Barium (as noted around Tellurium, recorded in February) & Lanthanum (recorded in April) both involve quiet rumbling, overtones, sometimes animated horns, and a mysterious sense of progress. Whereas Barium involves a traffic jam (& Rodrigues "playing" metronome, including conspicuously at the end), Lanthanum is the smoother of the two: Its various waves & timbres take on more of a finished character, making for another reasonable place for an uninitiated listener (who enjoys larger ensembles, anyway) to enter Rodrigues's sound world. That series seems to be becoming more assertive, or at least more frequent. Already massive & assertive at various points is the VGO series, though, with the first half of its sixth album (Ma'adim Vallis) emerging from CreativeFest #11 as well: The number six is somewhat deceptive, as it's a double album, and not the first such in the series. Moreover, the two parts (the second from January 2018) are labeled as Conductions #47 & #48: I didn't attempt to trace the numbering, but it appears that not all have been released, unless the output of the other large ensembles is counted as well.... Still, it gives a sense of how active Rodrigues has been with his largest groups, and the November recording from VGO is massive indeed, involving thirty-seven musicians (with a "mere" nineteen on the more mysterious January session) in a huge & varied orchestral eruption: It recalls Xenakis, and not for the first time in the series. (One might further recall that Xenakis combines geometric interest with architectural principles, and that might fit some of these Rodrigues projects as well....) Moving on, there have now been five releases in the Suspensão series, with the November recording (i.e. the most recent) being Physis, numbered as the eleventh piece in the series (counting double albums, multiple tracks, etc.): Here the eerie desire to interrogate the basic contours of reality, especially the equivocation of foreground & background, of environment/context & subject, maintains.... Although I've made only a few brief comments about the series, now including here, its basic equivocating concerns reflect & enhance important contemporary questions regarding subject-object duality (& in turn, traditional ontology) more generally (as soon to be articulated more extensively in the text that I promised at the beginning of this entry...): There is again an overall "ambient" sense & even conceptual interrogation, to retract to genre concerns. Finally, the IKB series, which generally involves crisper tones & more explicit counterpoint, is harder to summarize: I'm not sure why it started using unusual biological species for its titles & minimal covers, the most recent being Apteryx mantelli, but perhaps its ecological or territorial articulations are more specific than I imagine.... (There is a sense of geometric inspiration that I can't really localize.) In any case, IKB albums — of which there have now been seven, with three of them originating in 2014 alone — have used ensembles ranging from thirteen to eighteen musicians (and like the octets above, less often involve prime numbers). I suppose the relative crispness of the music (especially relative to e.g. Suspensão) is reflected in the crisp covers, and like all the recent albums mentioned in this entry, but perhaps most canonically, the music is articulated in a single sweep. (Many of the IKB albums do also seem rather similar to me.) Todd McComb's Jazz Thoughts (http://www.medieval.org)

quinta-feira, 21 de junho de 2018

Trading Places at the Suoni: Vancouver-Lisbon-Montreal (Encounters of the Free Kind)


Cross-pollination in the arts is always a good thing. An example of this is when musicians from different geographical locations get together to share their experiences in a concert setting. This is especially exciting in improvised music, because you never know what might happen. Such was the case on two different nights at the Suoni per il popolo festival last week.
June 12 featured a Lisbon-Montreal encounter at the Casa del popolo, which was the first part of an evening devoted to daring improvisational music (the second part featured Norwegian bassist Ingebrigt Haker-Falten’s Texas band The Young Mothers). Heard three days later was the second installment of Trading Places, a collaboration between Montreal and Vancouver improvisers (which was followed by a solo set by drummer Will Guthrie). First instituted in 2016, this initiative allows two musicians from the Canadian West Coast to spend time in Montreal and play with locals during the festival’s run, including an informal workshop setting. In return two Montreal musicians travel West later in the year to engage in similar activities.
The June 12 Lisbon-Montreal encounter for its part was a concise set clocking in around the 45 minute mark. It paired the musical and life partners Karoline Leblanc on piano and drummer-percussionist Paulo J. Ferreira Lopes, with two of the latter’s Portuguese compatriots violist Ernesto Rodrigues, and guitarist Luis Lopes (no relation). As a unit, this quartet engaged in inspired and unscripted free-form improvisation.
The pianist’s flow of cascading chords and melodies was the thread that seemed to tie the music together, as Ferreira Lopes’ percussive washes seemed to ride in tandem with her energetic ideas. Guitarist Lopes, for his part, coaxed intriguing sounds and noises from his instrument, at times fingering the strings high up the neck, near the pickups, to get unusual harmonics and plucking effects, or scrapping a violin bow or a tin can across the strings. Violist Rodrigues wisely sawed away at his instrument, spinning a series of searing lines in this collective sketch that was at times jaw-dropping, the musicians feeding off each other in a sustained flow of inspiration. [...]  Paul Serralheiro (La Scena Musicale)

terça-feira, 3 de abril de 2018

IKB na ZDB



Do seio da mui prolífera editora Creative Sources surge em 2012 o ensemble IKB, em homenagem a Yves Klein. Embora de formação variável, há um óbvio sentido de coletivo neste ensemble. Para além da união necessária para se fazer cooperativamente música em formações maiores, aqui o apagamento de ego é extremado para resultar na estética reducionista e concreta que caracteriza este grupo. Impera um exercício de nudez decíbel possível graças à contenção, atenção, respeito e escuta profunda partilhada em conjunto entre músicos e audiência. Um quase silêncio de uma musicalidade extrema. Bernardo Álvares

quinta-feira, 8 de março de 2018

Espaço::Silêncio::Nota




photo: João Ricardo



O ranger das cadeiras e os automóveis a passar na rua faziam parte da música. Dois russos e dois portugueses apresentaram na Sonoscopia o seu entendimento da improvisação reducionista, indo do extremo da quietude até ao “feedback” controlado.
[...] Após um curto intervalo para que o duo português se instalasse, o reducionismo continuou. Desta vez, os sons viscerais e da rua não se impuseram. O programa foi mais preenchido e estimulante e muito menos tenso. O jogo proporcionado pelos dois saxofones (Belorukov e Nuno Torres) foi bastante interessante.
As combinações tímbricas, a exploração harmónica, o borbulhar, o atrito do movimento circular de uma lata de refrigerante sobre a campânula do saxofone, as dissonâncias e flutuações, pontuaram sobre os “drones” electrónicos, contrastando com a subtileza da viola de Rodrigues. Os sons mais agrestes com que Ernesto Rodrigues atacou o início do concerto (usou um papel ou folha seca e amassou-a no tampo da viola) ou os harmónicos suscitados com o arco, nunca foram estridentes. Também ele “jogou” com as suas ferramentas e soluções, sendo que as cordas foram só uma parte desse jogo. O corpo da viola foi percutido e tocado com todo o arco (crina, parafuso e vara), e pôde ouvir-se bem a ressonância da madeira.
Depois de uma primeira peça, o quarteto brindou a audiência com uma segunda actuação. O estado meditativo (ou contemplativo) do público foi atirado para o prolongamento. João Ricardo (Jazz.pt)

quarta-feira, 14 de fevereiro de 2018

LE LISBON STRING TRIO LANCE LES INVITATIONS



Que le Portugal soit terre de musiques improvisées, c’est devenu une habitude. Que la scène lisboète ne soit pas avare de cordes de talents, de la guitare de Luis Lopes au violon de Carlos Zingaro, c’est un constat qui ne prend guère de temps pour être validé. Singulièrement grâce à l’insatiable travail d’Ernesto Rodrigues, acteur lusitanien incontournable de l’archet qui anime à l’alto depuis quelques années le Lisbon String Trio (LST).

Ses compagnons sont immuables : Miguel Mira au violoncelle et Alvaro Rosso à la contrebasse. Les compositions instantanées et collectives de l’orchestre s’inscrivent souvent dans une lecture très contemporaine - une expression que Rodrigues côtoie voire tutoie depuis des décennies.
Ernesto Rodrigues n’est pas le plus connu des musiciens de la péninsule ibérique, du moins dans l’Hexagone. Enregistreur infatigable, fondateur du label Creative Sources qui nous offre des pépites [1], il s’est saisi du format dématérialisé pour illustrer ses rencontres, tisser des liens et témoigner de manière régulière de ce qu’il faut considérer comme un constant work in progress.

En cinq albums assez courts, dont un en trio simple, le fougueux Proletariat, le LST se lance tous azimuts à la rencontre des improvisateurs de tous continents sur une courte période, entre mars et mai 2017. Il ne s’agit pas du plaisir de l’infinitude ; c’est au contraire une volonté de remise en question ou en danger, d’apprendre et d’assimiler les univers et les langues des autres. Ainsi sa rencontre avec la pianiste québécoise Karoline Leblanc dans Liames, qui définit l’intensité tout en conservant de la distance. En accompagnant le piano dans son rôle de quatrième instrument à cordes, travaillé à même ses entrailles, le trio convie Leblanc à étendre son jeu tout en s’intégrant parfaitement dans le dédale d’archets que bornent Mira et Rosso.

On trouvera semblable relation avec l’incroyable tromboniste italien Carlo Mascolo dans Intonarumori. Ce n’est pas l’urgence qui est ici convoquée mais une sorte de tension, proche du mouvement permanent, où le trombone préparé prolonge à la fois les rebonds de l’archet et la glisse du crin sur les cordes. Le souffle, totalement aspiré par la dynamique du trio augmenté, se transmute en un brouillard étrange où le moindre événement se comporte comme une entaille, un cahot dans une dynamique collective très dense et bruitiste où le silence est comme la surface d’un plan d’eau, qui se ride et se trouble à la moindre poussière.

La ressemblance est frappante avec l’étonnant moment capté en compagnie du clarinettiste Luiz Rocha, qui introduit presque naturellement cette Télépathie où le LST invite Étienne Brunet - ancien élève de Steve Lacy et figure du free jazz depuis 30 ans - aux côtés de Daunik Lazro ou Jac Berrocal. Une musique où les timbres et l’espace prennent néanmoins une grande importance, l’alto de Rodrigues jouant à se fondre avec le saxophone. Une direction que K’ampokol che K’aay, création très contemporaine en compagnie du clarinettiste et libre-penseur étasunien Blaise Siwula, attaque à rebours, loin de la concorde et à proximité du disque de Leblanc, avec du tumulte et des brisures nettes. Un travail qui remet le LST dans une position prismatique vis-à-vis de la musique improvisée : celle qui éclaire des recoins parfois délaissés et pourtant luxuriants. Franpi Barriaux (Citizen Jazz)

quarta-feira, 6 de dezembro de 2017

Creative Sources Fest XI - Improvisar colectivamente



photo by Cláudio Rêgo

O mês de Novembro trouxe consigo mais uma edição – a 11ª – do festival promovido pela editora Creative Sources, pela primeira vez com cinco dias de duração. A jazz.pt esteve presente em alguns dos concertos e estes colocaram algumas questões que no futuro seria importante colocar em debate (foto acima: String Theory).

Com a mesma longevidade da Clean Feed (o seu primeiro disco data de 2001) e semelhante número de títulos (vai a caminho dos 500), a Creative Sources teve no passado mês de Novembro a 11ª edição do seu festival, este ano com cinco dias de duração, indo dos três aos cinco concertos em cada sessão. Uma das mais importantes editoras do circuito internacional da improvisação reducionista, mas com um catálogo que a esse tipo de abordagem vem juntando registos de outras áreas, indo do jazz criativo à música electroacústica experimental, esta fundada pelo violetista português Ernesto Rodrigues não poderia deixar de promover um cartaz que reflectisse tal diversidade.
No palco do O’culto da Ajuda, em Lisboa, passaram projectos que pouco têm que ver com a estética “near silence” promovida pelo músico, numa mobilização de tendências que envolveu tanto o Red Trio e o novo quarteto de Sei Miguel como figuras do Norte (a Free Jazz Company de Paulo Alexandre Jorge) e do Oeste (o Palimpsest Trio de Paulo Chagas, completado pelos italianos Silvia Corda e Adriano Orrú, ou a dupla constituída por Karoline Leblanc e Paulo Ferreira Lopes, “habitués” do MIA – Encontro de Música Improvisada de Atouguia da Baleia), além de formações colocadas em CD pela Creative, como o Zwann Ei Collective e Abdul Moimême a solo, convidados especiais de outros países, com destaque para Etiénne Brunet, formações nacionais limítrofes, a exemplo dos Psico-Free & Manicômio, e improvisadores com outros percursos na cena nacional, como André Hencleeday, dos Crua, ou Helena Espvall, frequente colaboradora de David Maranha.
Detemo-nos sobre quatro das apresentações realizadas. A que envolveu José Bruno Parrinha em clarinetes soprano e baixo, Manuel Guimarães ao piano e Ulrich Mitzlaff no violoncelo parece ter dado o mote para grande parte do que se ouviu para os lados de Belém, com a sua improvisação camerística, muito contemplativa, em recuperação do fraseado mais convencional e da tonalidade, suave na expressão e optando por um volume que, sendo reduzido, nem por isso alinhou com as premissas da tendência teorizada por Radu Malfatti. Todos eles com intervenções em discos da Creative Sources, que não com o formato deste trio, o que tocaram ganhou a forma de uma viagem, leve nos voos empreendidos, mas de pronunciado efeito introspectivo, convidando o público a fechar os olhos e deixar-se ir.
A violinista Maria do Mar e a vocalista Maria Radich estenderam a colaboração que vêm mantendo há alguns anos a um clarinetista brasileiro radicado em Barcelona que já se tornou um nosso visitante regular, Luiz Rocha. Talvez devido à diferença de configuração musical trazida por este, Radich saiu a espaços do âmbito da glossolália e do “speaking in tongues” que têm já a sua imagem de marca para entrar num canto sustenido e harmónico que deriva das suas práticas na pop e no rock (é membro das bandas Abztraqt Sir Q e Ovo) e que, neste contexto, resultaram em cheio, trazendo novas dimensões à narrativa criada e equilibrando-se da melhor maneira com os argumentativos violino e clarinete baixo. Um dos protagonistas maiores da cena francesa do jazz, com um currículo feito de parcerias com nomes como Fred Van Hove, Jac Berrocal, Anthony Coleman, Jean-François Pauvros e Sunny Murray, o saxofonista Etiénne Brunet teve um par de intervenções em duo, uma com Monsieur Trinité e outra com Miguel Mira. Nesta esteve particularmente próximo do que lhe é habitual, com um discurso jazzístico assumidamente “old school”, algures no cruzamento das linhas de influência de um Jimmy Lyons (no alto) e de um Steve Lacy (no soprano), num discurso acentuadamente melódico. Algo breve foi o concerto com o violoncelista português, este sempre muito eficaz na construção de envolvências e respostas ao trabalho dos saxes. Ficou evidente que Brunet queria continuar, mas Mira deu por finda a actuação poisando o instrumento e levantando-se quando sentiu que estava realizado um “statement” e que qualquer acrescento seria redundante.
O String Theory foi um dos grandes ensembles constantes na programação, entre o Suspensão e a Variable Geometry Orchestra, com a particularidade de integrar apenas cordas – se bem que com um piano incluído, nas mãos de Rodrigo Pinheiro, que surpreendentemente se deteve mais no teclado do que no interior do dito. Com quatro violoncelos (Guilherme Rodrigues, Yu Lin Humm e os já mencionados Mitzlaff e Espvall), quatro contrabaixos (João Madeira, Gianna de Toni, Hernâni Faustino e Marc Ramírez), dois violinos (Maria do Mar, Filipe Murat), a solitária viola de Ernesto Rodrigues, duas guitarras acústicas (no colo a de Miguel Almeida, deitada e sujeita a preparações a de Moimême) e um saltério (Hencleeday), ficou demonstrado como uma improvisação pode ser dirigida dentro da própria música em vez de sobre ela, a partir de fora. Rodrigues introduzia as situações, olhava em volta para verificar se os restantes as tinham empreendido e todos o seguiam.
O interessante foi observar de que modo, com uns a fazerem-no literalmente e outros a contribuírem com materiais complementares ou contrastantes, colocando algumas questões sobre o que é improvisar colectivamente e quais são os limites da igualdade de papéis e da liberdade de movimentos num contexto como este. Seja qual for a qualidade dos resultados, e esta existiu em vários momentos, uma performance musical vale a pena quando nos convida a pensar. Essa tem sido uma função do Creative Sources Fest e bom seria que, numa próxima edição do festival, houvesse espaço para a reflexão e o debate. Rui Eduardo Paes (Jazz.pt)

terça-feira, 5 de dezembro de 2017

Le CS Fest XI de Lisbonne comme si vous y étiez





Le CS Fest XI a eu lieu à Lisbonne du 21 au 25 novembre dans la salle O’Culto da Ajuda, traduction approximative : le culte de l’aide, l’occulte de la solidarité. Etienne Brunet y était et en était. Compte-rendu. 
La culture miraculeuse de la musique créative sera bientôt à la mode ! Au pays du Fado résonnera l’intervalle Fa dièse-Do bécarre, la fameuse quarte augmentée, « Diabolus in Musica » de l’improvisation exubérante. CS Fest XI est situé à Belem, vers une des sorties de la « ville blanche » le long du « Rio Tejo » au bout d’une impasse quasi introuvable dans un dédale de petites rues derrière le palais présidentiel. Pas de lumière. Pas de flics. La salle de concert polyvalente orientée musique contemporaine est très bien équipée. Tenue à bout de bras par Miguel Azguime. Deux tiers de scène pour un tiers de gradins. Très haut de plafond. Acoustique fantastique. Le festival est organisé par Ernesto Rodrigues et le label : Creative Source. Le public est composé de passionnés d’improvisation, d’aficionados de la creative music et des gens de l’underground lisboète. Les musiciens écoutent réellement leurs collègues. Ils ne font pas semblant, comme en France, pour s’enfuir dès que possible. Aucun touriste à l’horizon.
Pourquoi No Groove ? Parce que j’avais vendu cette proposition d’article avec ce titre. Je le trouvais super et l’ai utilisé comme nom du groupe avec lequel j’ai joué dans des boites de Lisbonne. J’avais renoncé à écrire un article et puis finalement je fais les deux. « Personne n’a voulu croire en moi, même comme menteur… » (Fernando Pessoa). Confusion créative. Je suis juge et partie. Ce n’est pas déontologique, mais logique en période de crise. No Groove est une sorte de courant d’air musical de free music contemporaine affluent du tempétueux free jazz historique. Une conscience du tempo dissoute dans une nappe sonore brutiste. Un Groove de l’absence. Un No du refus de la musique commerciale.

PREMIER SOIR
Je rentre chez moi passé deux heures du matin. La ville blanche est déserte empêtrée dans un profond brouillard bleuté qui dissout les lumières orange de l’éclairage public. Chaque soir il y a quatre performances. J’occulte les noms de musiciens et vous les donnerai dans le désordre à la fin de l’article. Au lieu d’écrire des généralités sur chaque concert particulier, je vais traiter ce festival comme un gigantesque concert de dix heures, beaucoup de musiciens participaient à trois ou quatre formations différentes. Comment détourner le vibraphone de sa stabilité sonore ? Un frottant des secondes majeures avec un archet au lieu des mailloches et en plaquant des accords complexes. Ensuite la guitare trafiquée semble résonner de la rumeur du bruit des avions qui survolent en permanence Lisbonne, la piste d’atterrissage est juste à une sortie de la ville. Autre écho lointain des gigantesques bateaux porte-containers bourrés des produits en série de la mondialisation. Ensuite Psico-free & Manicômio, un quartet de fous furieux dont la polyrythmie est utilisée comme refus de notre société du spectacle. Pour terminer le Suspensao Ensemble. Suspension du son et des certitudes esthétiques. Les adorateurs du silence sont une dizaine de musiciens à jouer pendant une demi-heure à moins cinquante décibels maximum c’est-à-dire le niveau sonore du tic-tac de votre montre mécanique, triple « ppp » si la chose était écrite. Impression très spectaculaire d’absence d’événements.

DEUXIÈME SOIR
Je n’ai écouté ni le premier ni le troisième groupe parce que je jouais en seconde position avec Miguel Mira, violoncelliste de génie. Tant pis ! Je fais une exception à ma règle d’occultation des noms et vais vous tartiner mon ego… Miguel est le musicien idéal. Nous sommes de la même génération. Vieille école. Nous jouons un free aventureux, virtuose avec une écoute télépathique. Excusez du peu comme dirait un vrai journaliste. J’écris masqué. Je n’y suis pour personne. Dernier concert de la soirée avec les quinze musiciens de la Théorie des cordes, probable référence à la théorie avancée de la relativité générale improvisée par des groupes de violons, violons altos dont Ernesto Rodriguez, l’organisateur et chef discret, violoncelles, contrebasses, guitare, dulcimer et piano. Le matériau sonore très fluide avance comme un monolithe spatial en plein essor dans la bande de fréquence de l’univers.

TROISIÈME SOIR
Le robot Facebook me propose de rester chez moi parce qu’il pleut. Après une longue sécheresse, le pays est en liesse. Je démarre la soirée en jouant avec mon vieil ami, le percussionniste Chico-go-blues. Nous lisons mon texte simultanément en portugais et en français. « L’impro c’est le chaos. Le chaos est les prémices de l’ordre. L’ordre est l’arrivée de la mélodie. La mélodie déclenche le rythme. Le rythme déclenche la vitesse. Accélération démesurée ! Tout se casse la gueule dans un bruit énorme. Mystère de l’entropie. » Magma sonore. Langue intermédiaire à racine latine. Les trois groupes suivants donnent un échantillon de la scène portugaise actuelle multiforme et bouillonnante. Pour finir un extraordinaire trompettiste légendaire et méconnu. J’ai l’impression d’être à Berlin, juste avant la gentrification galopante, même exaltation créative d’artistes enthousiastes prêts à jouer pour le plaisir. Lisbonne quant à elle se fissure petit à petit sous les infiltrations de la mondialisation. L’immobilier grimpe. La pauvreté augmente. Crash Saudade. Scratch Nostalgia. Brutal Nova.

QUATRIÈME JOUR
Free jazz Company, excellent groupe avec un nom synthèse splendide de free jazz et free music. Puis Palimpsest, on gratte la free music pour trouver en dessous le free jazz puis on continue à gratter et on trouve la musique classique. Ensuite le Red Trio, le groupe que j’ai préféré du festival. Ils ressuscitent une sorte de trio FMP que je ne nommerai pas. La bonne musique ne meurt jamais. La musique écrite se transmet par le biais du texte. L’improvisation sublime se transmet par capillarité dans l’air du temps. Soudain la fin d’une improvisation arrive au détour d’une note, évidente autant pour l’auditeur que pour le musicien. Pour terminer IKB ensemble, un autre grand orchestre d’une vingtaine d’instrumentistes spécialisés dans le silence ensoleillé. Impression de vide et de repos, mais tout le monde sait que le silence n’existe pas. A l’écoute de l’enregistrement, si l’on perd le repère fictif du zéro décibel (seuil de référence d’intensité sonore), on découvre le monde microscopique de l’infiniment petit de cellules complexes et d’objets minuscules, inaudibles comme des micros processeurs puissants et quasi invisibles.

DERNIER JOUR
Je passe devant les carreaux de faïence bleutée de la station de métro Parque gravés de citations et dessins. « C’est par la musique qu’a commencée l’indiscipline » (Platon). Ce pourrait résumer ce festival porteur de la musique du proche avenir. La notion de désordre sonore représente tellement notre société que toutes ces musiques à base de boîte à rythmes symbolisent la dictature Mainstream. Dans peu de temps, les futurs auditeurs des médias généralistes auront les oreilles explosées. Ils remplaceront le niveau sonore excessif d’une rythmique dictatoriale par le chaos amusant de l’anarchie sonore de la musique créative jouée à un niveau acoustique modéré. Une sorte de décroissance de la production de musique. Maintenant tous les styles coexistent. Il n’est pas question du combat de l’un contre l’autre, mais de circuits multiples, de démarches parallèles, de tribus organisées. Méfiez-vous : si vous n’y prenez garde, la musique créative pourrait devenir la musique politiquement correcte. En tout cas, la  free music est bien vivante et c’était une surprise, même pour moi. La rage est inexprimable avec un métronome. Elle l’est avec le cri, la dissymétrie, l’informel, le bruit brutal, le kaput play à s’arracher la gorge. Malgré tout, le mauvais esprit de l’absence de rythme est dommageable. Les syncopes restent l’oxygène de la musique.

DERNIER SOIR
Quatre concerts passionnants, avec une pianiste canadienne sublime puis la clôture : le Variable Geometry Orchestra. La quarantaine de musiciens du festival propulsé dans une improvisation grandiose dirigé par Ernesto toujours très calme (c’est le genre de type à boire un café avant d’aller se coucher), un peu à la manière du soundpainting ou de la conduction, mais avec des signes et des règles improvisées comme leur traduction sonore par chaque musicien. Les artistes sont disposés au hasard sur la scène par désordre d’arrivée. Les contrebassistes sont devant les saxos, les quatre batteurs sont placés à chaque coin de la scène. Fin de « variable » sur une longue résonnance décroissante jusqu’au silence… •

Au total vingt concerts. Environ dix heures de musiques diffusées en direct sur YouTube et maintenant archivés sur la page misomusic.com. Étienne Brunet

quarta-feira, 6 de setembro de 2017

ENSEMBLES - Ernesto Rodrigues em versão big


photo: Ernesto Rodrigues & Manuel Mota

Improvisar sem partituras com uma orquestra ou um grupo com grande número de elementos é particularmente difícil, havendo mesmo quem jure ser impossível. O violetista de Lisboa encontrou nisso um desafio e com projectos como Variable Geometry Orchestra, IKB, Suspensão e Diceros vem ultrapassando problemas e propondo maravilhas. A jazz.pt ouviu os discos…

Há três figuras que ganharam o estatuto de pivôs da cena da improvisação em Portugal. Um devido ao seu pioneirismo, dando origem a uma movimentação que tem crescido exponencialmente, outro porque criou um sistema muito específico que se tornou num modelo referencial e um terceiro que vem mobilizando um grande número de músicos das mais variadas áreas em torno dos seus projectos. No primeiro caso está Carlos “Zíngaro”, com a mais-valia de se ter mantido na linha da frente de uma música continuamente em renovação. No segundo, evidencia-se Sei Miguel, com metodologias que influenciaram decisivamente as práticas de algumas importantes figuras hoje em actividade, começando por Rafael Toral, Manuel Mota e Pedro Gomes. Finalmente, no terceiro caso encontramos Ernesto Rodrigues, cujos “ensembles” alargados envolvem uma boa parte dos agentes da cena lisboeta da música improvisada, independentemente das suas orientações estéticas.
Mas não é só: as mais recentes edições das “big bands” de Rodrigues, designadamente Variable Geometry Orchestra (mais conhecida como VGO), IKB, Suspensão e a recém-estreada Diceros, têm dado novos e muito positivos contributos para esse difícil empreendimento que é improvisar – sem partituras nem motivos previamente estabelecidos – em formato orquestral. Nesse aspecto, também ele tem uma fórmula pessoal para enfrentar os problemas organizacionais levantados pelo contexto. Uma perspectiva muito sua, e transferida dos pequenos grupos de que partiram para outros que vão dos oito elementos a quase 50, dos conceitos propostos pelo Spontaneous Music Ensemble de John Stevens e pelos AMM de Cornelius Cardew, tendo como exemplos pelo meio o que fez a Globe Unity Orchestra e mais recentemente a London Improvisers Orchestra. Outras referências parecem ser John Cage (uso do silêncio), Morton Feldman (não-linearismo) e Emmanuel Nunes (os, no compositor, característicos “alongamento” e “dobragem” das estruturas musicais).

[…] A importância de Ernesto Rodrigues na música criativa portuguesa está ainda à espera, por cá, do reconhecimento que lhe é devido, e isto não obstante ser o improvisador nacional com mais discos lançados. Estes que nesta página vos apresentamos projectaram-no no mundo, com a imprensa especializada a elogiá-lo entusiasticamente. Rui Eduardo Paes (Jazz.pt)

terça-feira, 29 de agosto de 2017

LISBON STRING TRIO - Em busca do acorde perfeito


Diceros (foto de Nuno Martins)



O outro trio de cordas de Lisboa lançou seis discos seis com a sua particular proposta de música de câmara improvisada, cinco deles com músicos de outros países que, propositadamente, não tocam cordofones. O seu propósito é mostrar que o que três ou quatro pessoas criam musicalmente em conjunto, com poucos elementos (notas), só pode ser melhor do que aquilo que fizer uma apenas, com muitos. Dizendo de outro modo: um acorde ou é colectivo ou resulta imperfeito.

A designação Lisbon String Trio tem o inconveniente do muito uso e da possibilidade de ser confundida com outros projectos, e logo para começar dentro do próprio rectângulo de terra a que chamamos Portugal. Foi exactamente com esse nome que tocou, no Jazz em Agosto de 2016, a secção de cordas (portuguesa) dos Young Philadelphians de Marc Ribot. Aos músicos clássicos João Andrade (violino), Teresa Fleming (viola) e Nelson Ferreira (violoncelo) foi pedido que, além de lerem as partituras de temas históricos de disco e R&B, também improvisassem. Dessa tarefa saíram-se bastante bem, não obstante a sua inexperiência nesse tipo de abordagem e o atabalhoamento da condução de um Ribot a tocar e a dirigir em simultâneo. Lisboa String Trio é ainda (só varia uma letra) o nome de um grupo que junta José Peixoto (guitarra), Bernardo Couto (guitarra portuguesa) e Carlos Barretto (contrabaixo), também ele dedicado a associar o jazz com outras formas de música, no caso a nacional.
Este outro Lisbon String Trio nada tem que ver com ambos esses exemplos, ainda que, à semelhança do último, não corresponda à instrumentação típica do trio de cordas da música de câmara. Nesse domínio, as variantes vão para as combinações entre violino, viola e violoncelo (a mais comum), dois violinos e violoncelo, dois violinos e viola e uma reduzida quantidade de outras associações, a mais conhecida e recente das quais concretizada por um homem que, habitualmente, compõe e toca jazz, John Zorn – trata-se de “Walpurgisnacht”, de 2004, para violino, viola e contrabaixo. Agora, a fórmula junta uma viola, a de Ernesto Rodrigues, um violoncelo, o de Miguel Mira, e um contrabaixo, o de Alvaro Rosso. Todos os três têm um percurso na livre-improvisação e é nesse âmbito que actuam. Com a particularidade de dois deles (Rodrigues e Rosso) terem formação clássica e um (Mira) vir do jazz, do funk e dos blues, se bem que com outras experiências de renovação do modelo camerístico de permeio, nomeadamente a do Staub Quartet, com Carlos “Zíngaro”, Hernâni Faustino e Marcelo dos Reis.
A reunião destes três improvisadores não era a mais óbvia de ocorrer, dado que Ernesto Rodrigues tem feito o seu percurso na linha do reducionismo, Miguel Mira prefere situações mais “jazzy”, como a do Motion Trio de Rodrigo Amado, que integra, e Alvaro Rosso tem-se notabilizado numa linha “old school” (passe o termo) da música improvisada. O álbum “Proletariat” revelou, no entanto, que a mistura destas personalidades trazia algo de particularmente interessante. O princípio número 1 do trio está na utilização individual do mínimo de elementos, num contexto em que o que realmente importa é o efeito de conjunto. Só há acordes quando o último membro do trio acrescenta uma nota às dos seus parceiros, sabendo que é essa nota que dá seguimento ao que vem depois, num imediatismo da responsabilidade que pode ser esmagador. É como se se procurasse o acorde perfeito, e “perfeito” porque resultante de uma verdadeira, não planeada, espontânea, geração.
Se tal, nesse disco, funcionou como um modelo, os cinco CDs posteriores (e editados em rápida sucessão) desta cooperativa musical colocaram-no em causa (ainda que prolongando as suas implicações) sempre com a inclusão de um convidado, por regra um músico de outro país em passagem por Portugal. Além de se transformarem as situações triangulares em quartetos bem menos esquemáticos, quebrou-se com o molde “grupo de cordas”. “Télépathie” juntou ao trio o saxofone soprano do francês Étienne Brunet. Em “K’ampokol Che K’aay” figura o norte-americano Blaise Siwula com um nele pouco usual clarinete (os seus instrumentos habituais são os saxofones alto e soprano). Em “Akuanduba” encontramos o clarinetista (baixo e soprano) brasileiro Luiz Rocha, radicado em Barcelona e parte da cena que gira à volta da Discordian Records. Em “Intonarumori” está o trombonista italiano Carlo Mascolo. Finalmente, em “Liames” intervém a pianista canadiana Karoline Leblanc. Rocha, Mascolo e Leblanc são frequentes participantes no MIA – Encontro de Música Improvisada de Atouguia da Baleia, com presenças a repetirem-se em várias edições. Brunet participou em 2017 num concerto do “ensemble” Paris-Lisbonne Connexion (Cinemateca Portuguesa) em que estiveram envolvidos José Lencastre, José Bruno Parrinha, Luís Vicente, Tiago Varela, Miguel Mira, Pedro Santo e Monsieur Trinité. Também este ano, Siwula tocou nas Oficinas do Convento, em Montemor-o-Novo, e na Zaratan, em Lisboa, com Jorge Nuno, Hernâni Faustino, Pedro Arelo e André Calvário.
Apesar das necessárias diferenças introduzidas pelo trabalho do quarto elemento, bem como dos questionamentos a que procedem das linhas condutoras do Lisbon String Trio, o que se verifica na audição destes discos é que a identidade do mesmo prevalece. Mantêm-se tanto as diferenças relativamente à música europeia contemporânea e à new music americana como o vínculo formal com as ditas, mantêm-se as dúbias relações com as referências do free jazz, umas vezes mais pacíficas e outras claramente em conflito, assim como são ambíguas as conexões da prática improvisacional perseguida com o “near-silence” e as preferências desta tendência pela textura e pelo timbre. As minhas preferências vão para a edição que apresenta o trio, até porque é aquela que define os fundamentos do projecto, e para os títulos em colaboração com Luiz Rocha e Carlo Mascolo, personalidades da improvisação dos nossos dias a quem ainda não foi dado o pleno reconhecimento internacional que merecem.
Não termino sem assinalar que as excelentes capas destes álbuns têm como base colagens de Dilar Pereira, artista visual que colabora com a jazz.pt. Rui Eduardo Paes (Jazz.pt)

quarta-feira, 14 de junho de 2017

Improvised Music with a Textural Focus: Creative Sources




For years, the prolific Portuguese label Creative Sources has released challenging sets of improvised music with a distinctly textural focus. The label, founded and run by violist Ernesto Rodrigues, is home to an aesthetic of nuanced improvisation open as much to pure sound as to empty space. Because its extensive catalogue includes work by some of the top free improvisers active in Europe and elsewhere, it’s only natural that it would encompass a broad spectrum of approaches to improvisation. Nevertheless many of the releases share a meticulous concern with striking and maintaining an architectural balance of forces no matter how many or few musicians are playing, or how unconventional the sounds. Three of the label’s recent releases are consistent with this well-developed aesthetic strategy. Daniel barbiero (Percorsi Musicali)

terça-feira, 21 de março de 2017

CULTO CILCUITO

photo: Melanie Pereira


[…] A “triple bill” arrancou no Armazém 22 com o Lisbon String Trio de Ernesto Rodrigues, Miguel Mira e Alvaro Rosso, contrabaixista do Uruguai residente na capital portuguesa. Com estes intervenientes, gerou-se a expectativa de que o grupo de cordas trabalhasse na área de fronteira ente as duas grandes correntes da música de câmara improvisada, aquela que segue as premissas texturais e tímbricas do reducionismo, de que Rodrigues é entre nós o principal cultor, e a que é fiel às lógicas narrativas e de fraseado da livre-improvisação original (Mira é também membro do Staub Quartet, com Carlos “Zíngaro”, Hernâni Faustino e Marcelo dos Reis). Assim sucedeu, e com um espírito colectivista que foi fundamental para os desenlaces: um dos executantes atirava com um som, outro acrescentava-lhe um mais e com o terceiro completava-se um acorde. Foi quase sempre este o procedimento construtivo utilizado, em plena interacção e sem solos convencionais, indo do muito simples, cru e despido até complexas filigranas, estabelecendo um («raro», como dizia Paulo Alexandre Jorge na apresentação) mundo pós-clássico e pós-jazz. Rui Eduardo Paes (Jazz.pt)

terça-feira, 14 de fevereiro de 2017

CATCHING UP WITH ERNESTO RODRIGUES


photo: Ernesto Rodrigues & Fred Lonberg-Holm

Ernesto Rodrigues has a formidable discography. After launching Creative Sources in 2001 to begin documenting his own music, the label has grown to become an icon of free music—especially music preoccupied with silence and space, texture and timbre. As the label has expanded to encompass more artists, Rodrigues has continued to release his own projects and collaborations with musicians from across the globe. Now, more than 15 years later and with over 100 releases to his name, it can be intimidating to approach Rodrigues’ oeuvre. But it would be a shame to avoid it for fear of not knowing where to start.

Though all born of the same musical sensibility, Rodrigues’ discography could be grouped according to the varied approaches he takes to free improvisation. There are his large group experiments like Variable Geometry Orchestra, IKB, or Suspensão; his lowercase pursuits with musicians like Martin Küchen, Heddy Boubaker and Radu Malfatti; and livelier, more ‘traditional’ interplay on early discs like Multiples or recent releases with musicians like Roland Ramanan, Biliana Voutchkova, and Phillip Greenlief.  There are also long-form engagements: with electroacoustic music and the use of computers and electronics in improvisation; with other strings, pushing ceaselessly against conservatory conceptions of string instruments and their place in music; and ongoing dialogues with close musical comrades like Carlos Santos, José Oliveira, Nuno Torres, and his son, Guilherme Rodrigues, who has appeared on many of his albums, dating back to the first Creative Sources release. 


Regardless of the specific approach, there’s an aesthetic that underlies all of Rodrigues’ music, one that values the space that surrounds him as much as the music he then puts into it.  It also values the spaces between sounds and gestures, constantly weighing the balance between what exists in the moment before a musical act and what that act might add. David Toop writes in Into the Maelstrom that “music is a respiratory motion – created in the moment of action then fading away – and through that common bond of presence and absence all sounds are connected.” Thinking of music in terms of breathing—especially improvised music like Rodrigues’—has a certain appeal: something about sound as an exhalation; about silence as the corresponding inhalation, a necessary rest between sounds pushed out into being (and from which all is drawn in that gives those sounds meaning); about organic and corporeal rhythm, tied not to strict tempo but to the thrumming energy that marks the very state of being alive. Dan Sorrells (The Free Jazz Collective)